Un monument bien particulier

par Lesley Craig

Gravé dans 43 tonnes de monzonite ressemblant à du granite, du haut de ses cinq mètres, le Monument commémoratif des sapeurs témoigne de l’histoire de la BFC Chilliwack, qui remonte à 53 ans.

Le camp Chilliwack a vu le jour dans une ferme au terrain boueux de la Colombie-Britannique, en 1942. La maison de ferme est devenue le quartier général, la grange, l’entrepôt du quartier-maître et la cuisine temporaire, et le poulailler a servi de salle des rapports. Or, la base d’attache des membres du Corps royal du génie canadien s’est rapidement transformée. En effet, lorsque la base a fermé ses portes en 1995, il s’agissait d’une collectivité complète, où l’on trouvait de tout, dont des chapelles et des salles de curling.

Lorsqu’un juge a conseillé à Jim Harris, adolescent, de reprendre le droit chemin et de s’enrôler dans l’armée, ce dernier a choisi de devenir sapeur. À son arrivée à la base, en 1961, il a trouvé le foyer et la discipline recommandés par le juge.

« Ma mère est décédée lorsque j’avais cinq ans et mon père, lorsque j’en avais douze. Je n’ai pas eu beaucoup de stabilité », explique l’Adjudant (retraité) Harris. « Puis, lorsque je me suis enrôlé, j’ai trouvé tout ce que je n’avais pas eu dans la vie. J’ai trouvé une famille, la sécurité, et tout ce dont un jeune de 16 ans peut avoir besoin… surtout la discipline. »

Pendant sa carrière d’ingénieur militaire de 34 ans, M. Harris s’est rendu dans 28 pays. Il a servi pendant douze ans en Allemagne, pendant la guerre froide, il a été sergent-major de camp au Canada Dry One au Qatar, pendant la guerre du Golfe, ainsi qu’en ex-Yougoslavie, pendant le conflit dans les Balkans.

Après avoir pris sa retraite, M. Harris est rentré chez lui à Chilliwack. Il agit à titre de président de la Société historique de la BFC Chilliwack et il s’est occupé dernièrement à veiller à ce que la restauration du Monument commémoratif des sapeurs soit au point. On a érigé ce dernier à côté de l’intersection principale de Veder Crossing, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, quatre ans après l’établissement du camp Chilliwack.

En 2003, les urbanistes de Veder Crossing ont décidé d’ajouter une voie pour le virage à droite à l’intersection. Ce projet aurait empiété sur le terrain entourant le monument commémoratif. Or, M. Harris ne pouvait se résoudre à accepter cette idée.

« Le Lieutenant-colonel Coulson Norman Mitchell, seul militaire du Corps royal de génie canadien à avoir remporté la Croix de Victoria, a conçu le monument », explique M. Harris. « C’est son esprit de meneur qui a permis de le concevoir et de le construire. Ce site est sacré. » De plus, les cendres de huit sapeurs ont été dispersées sur le terrain entourant le monument. Personne ne voulait déranger le site.

M. Harris a formé un comité composé d’autres sapeurs à la retraite et, ensemble, ils ont communiqué avec la Société immobilière du Canada (SIC) limitée, qui est chargée du réaménagement du terrain de l’ancienne BFC Chilliwack. L’ancien adjudant a transmis à la SIC une liste de douze préoccupations, auxquelles la société a répondu avec brio.

Le monument nettoyé au jet de sable, un nouvel éclairage à la fibre optique l’illumine. Le parc est accessible aux personnes en fauteuil roulant et les nouveaux sentiers de béton et de pierre se prêtent très bien aux défilés. Le cercle de pelouse autour de l’obélisque a été soulevé.

« Je ne taris pas d’éloges pour les gens qui ont travaillé à la restauration du monument », dit M. Harris. « Ils ont traité le site avec tout le respect nécessaire. Tout ce qu’ils ont fait a été fait à la perfection. »

Quelques semaines après la fin des travaux de restauration, une autre famille s’est réunie dans le parc pour disperser les cendres d’un proche à la base du monument.

 

Consultez l’article sur le site de la Défense nationale et sur le site des Forces canadiennes.